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Nov 19

Amélioration de la prise en charge globale de la tuberculose et de l’infection au VIH en milieu carcéral

L’institut Pasteur de Madagascar (IPM) s’est engagé à porter un nouveau projet d’une durée de 3 ans intitulé « Amélioration de la prise en charge globale de la tuberculose et de l’infection au VIH en milieu carcéral » dont le lancement officiel a eu lieu les 6 et 7 novembre 2019.

Bien souvent dans le monde, la santé des personnes détenues n’est pas considérée comme une priorité. Les soins y sont le plus souvent précaires et en marge du système de santé. Le manque de moyen mis à disposition, ajouté aux contraintes imposées par le contexte carcéral rendent l’accès aux soins, et notamment le recours aux ressources sanitaires en dehors de la prison plus difficile qu’en population générale. Les conditions d’hygiène, la surpopulation et les conditions d’incarcération, parfois très précaires, exposent les détenus à un plus fort risque d’infection. De plus, les prisons rassemblent une population déjà vulnérable d’un point de vue épidémiologique car elle se trouve issue majoritairement de milieux défavorisés où l’offre de soin est déjà précaire. Cette exposition peut varier d’un pays à l’autre. Cependant, il est prouvé que les taux de prévalence de la tuberculose et de séroprévalence du VIH sont toujours plus élevés en milieu carcéral qu’en population générale. A cause de la promiscuité forcée, les infections respiratoires et, plus particulièrement la tuberculose, font partie des pathologies les plus rencontrées en milieu carcéral.

Madagascar ne fait pas exception. Actuellement, aucune étude ne s’est encore déroulée en milieu carcéral dans le pays, mais selon les estimations, le risque de développer une tuberculose maladie est environ 8 fois supérieur chez les personnes détenues qu’en population générale. Concernant l’infection VIH, la disponibilité des données reste très hétérogène dans les établissements pénitenciers car la possibilité de dépistage n’est pas systématique.

Le cœur de ce projet novateur prendra place dans quatre (04) établissements pénitenciers du pays : Antananarivo (Antanimora), Manakara, Mahajunga et Toamasina et va tenter, à travers une approche globale et multisectorielle de :
1. Permettre de mieux comprendre ce milieu très peu étudié grâce à deux volets de recherche : (i) une étude anthropologique ayant pour but de documenter le parcours de soin et les dynamiques de pouvoir internes pouvant l’influencer, ainsi qu’une analyse de situations des institutions et intervenant de la santé en milieu carcéral ; et (ii) une recherche opérationnelle (à Antananarivo seulement) dans le but de mieux comprendre les risques de transmission et de développement de la tuberculose maladie et de l’infection VIH dans ce contexte si particulier ;
2. D’améliorer le parcours de soins intra et post-carcéral des malades atteints de tuberculose et/ou de l’infection VIH à travers un renforcement du dépistage et de la prise en charge de ces deux maladies. Des appuis aux formations sur le dépistage et la prise en charge de la tuberculose et du VIH seront dispensés pour les infirmiers des vingt (20) plus importants établissements pénitentiaires du pays. De plus, des activités de sensibilisation aux risques de transmission de la tuberculose et au VIH sont planifiées pour les détenus ;
3. De donner à chaque détenu l’opportunité de se développer humainement à travers un accompagnement psychosocial, et économiquement grâce à la planification de leur sortie ainsi qu’à travers une aide à la réinsertion économique. Ce dernier point à également pour but de renforcer les chances de suivi de traitement à la libération.

Dans le but d’accomplir les objectifs définis, le projet s’appuiera sur l’expertise de nombreux partenaires dont le Ministère de la Santé Publique, mais sera également l’occasion pour l’IPM de diversifier ses partenariats à travers des collaborations nouvelles avec le Ministère de la Justice ; les ONG Humanité & Inclusion (HI) en charge d’un volet psychosocial, Positive Planète International (PPI) pour la réinsertion des détenus sous traitement HIV et/ou TB à leur sortie ; ainsi que l’Église Catholique Apostolique Romaine/Aumônerie Catholique des Prisons (ECAR CES/ACP) présent dans la majorité des établissements pénitentiaires.