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Oct 18

Lutte contre la criminalité faunique

Le commerce illégal des espèces sauvages a connu une recrudescence sans précédent et occupe la quatrième place des trafics dans le monde (après les stupéfiants, les contrefaçons et la traite d’êtres humains). Les espèces endémiques de Madagascar ne sont pas épargnées et plusieurs d’entre elles font l’objet d’exploitation frauduleuse : les bois de rose et bois d’ébène, les orchidées, les lémuriens et plus particulièrement les tortues terrestres. Selon une étude menée par WWF/TRAFFIC, entre 2009 et 2016, plus de dix mille (10.000) individus de tortues terrestres ont franchis illégalement les frontières nationales pour être exportées en Asie et des milliers d’autres individus sont consommés au niveau national.

Plusieurs efforts ont été déployés par le gouvernement malgache et ses partenaires pour enrayer ce trafic. Le Ministère de la Justice, avec l’appui technique de WWF, a notamment élaboré en 2012 une politique pénale contre les trafics de tortues mais toujours est-il que le problème persiste. Plusieurs facteurs ont contribué à ce constat et le plus cité est la faible application des lois par la justice. Seuls 20 % des accusés sont condamnés et les 80 % restants sont libérés pour manque de charges ou par méconnaissances des dispositions pénales par les juges.

Pour faire face à ces défis environnementaux, le renforcement des capacités du système judiciaire dans ce domaine est donc essentiel à la lutte contre les criminalités liées à la flore et à la faune sauvages. En effet, dans le cadre d’un projet financé par l’United States Fish and Wildlife Service avec l’appui du WWF/TRAFFIC Madagascar et sous l’égide et la collaboration du Ministère de la Justice et celui de l’Environnement, l’Ecologie et la Forêt (MEEF) ; l’Ecole Nationale de la Magistrature et des Greffes (ENMG) organise une formation à l’endroit des acteurs judiciaires.

Ce « Renforcement de capacités du système judiciaire sur la lutte contre la criminalité faunique à Madagascar : cas des tortues » qui s’est déroulé à l’ENMG du 15 au 17 octobre avait pour objectifs de :

 – Conscientiser les participants sur l’intérêt et les enjeux de la conservation de la faune à Madagascar

– Renforcer l’application des peines prévues en vue de l’éradication du trafic des espèces de faune

– Permettre aux participants d’avoir un regard critique sur l’ensemble du dispositif juridique en vue de son amélioration.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le Directeur Pays du WWF Madagascar a souligné l’importance de telles initiatives car le fléau tend à prendre de plus en plus d’ampleur. Elle a tenu à remercier les institutions publiques qui font preuve de volonté et contribuent aux actions menées par des ONGs œuvrant dans la protection de l’environnement. Pour leur part, le Secrétaire Général du MEEF et le Directeur de Cabinet du Ministre de la Justice ont respectivement insisté sur la coopération de tous les acteurs pour mettre un terme à ce problème, et la fermeté requise contre ce genre de trafic. C’est ainsi que ce dernier a exprimé son optimisme après avoir constaté la présence de magistrats, de gendarmes et de fonctionnaires de la Police de l’Air et des Frontières pour ces trois (03) jours de formation