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Juin 21

COUR DES COMPTES

Présentation du rapport public 2001-2014
CourCompte

Après de longues années de mutisme, la Cour des Comptes de la Cour Suprême de Madagascar vient de publier son premier rapport public. La spécificité de ce document, fruit de travaux de longue haleine entrepris depuis des années, réside dans le fait qu’il est pluriannuel et couvre dans ce cas plusieurs exercices budgétaires, allant de 2001 à 2014. Ainsi l’on ne doit que saluer, féliciter et encourager cette bonne initiative et cette bonne volonté qui rentrent parfaitement dans le rôle des Institutions Supérieures de Contrôle auxquelles appartient la Cour des Comptes de Madagascar. Dans son rapport public, la Cour des Comptes émet une sélection d’observations tirées des travaux d’instruction effectués par les Juridictions financières, composée de la Cour des Comptes et les six Tribunaux financiers.
Ce rapport appelle l’attention des pouvoirs publics, d’une part, quant au respect de l’orthodoxie financière, et de l’opinion publique, d’autre part, sur ses regards critiques envers la gestion des finances publiques, et ce, dans le but d’amélioration. Il s’inscrit dans la logique d’informer les pouvoirs publics et le citoyen sur la gestion des deniers publics tel que dispose l’article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ». Aussi, toutes les institutions de contrôle sont-elles interpellées afin de mieux garantir la transparence et la bonne gouvernance. En effet, la nécessité d’un contrôle rigoureux des recettes et des dépenses de l’Etat s’impose pour répondre au souci de redevabilité, concept de plus en plus revendiqué par les contribuables, premiers pourvoyeurs de fonds, et les partenaires techniques et financiers.
Face à ce contexte et aux attentes de la société, le rapport public a pour vocation d’aider l’opinion publique à évaluer l’efficacité et l’efficience de la gestion des finances publiques ; à mieux appréhender, entre autres, si l’exécution de la loi de finances, les commandes publiques ont été réalisées selon les règles de l’art.
Les observations et les recommandations sont à prendre dans une optique d’amélioration, d’une contribution à la bonne gestion des deniers publics, en vue de la promotion de la transparence, l’efficacité et la responsabilité dans l’objectif du respect de la démocratie et du renforcement de l’Etat de droit.
Ainsi, espère-t-on que toutes les autorités publiques et administratives, les parlementaires et les autorités judiciaires sauront tirer des conséquences positives de la publication de ce document. Quant aux citoyens, ils ne peuvent qu’aspirer à l’amélioration de la gouvernance financière à Madagascar. Toutefois, l’on se demande si la Cour des comptes saura relever le nouveau défi de publier annuellement un rapport public.